Ce matin, en écoutant le témoignage des aumôniers protestants à la prison pour hommes de Luynes, près d’Aix-en-Provence, et en particulier les mots des détenus, quelque chose s’est ouvert en moi. Ce n’était pas seulement des témoignages touchants : c’était une adoration. Et j’ai eu la sensation très nette, intérieure, d’être témoin d’un parfum qui montait. Un parfum de bonne odeur.
M’est venu à l’esprit cette parole de Paul, qu’il est important de placer entièrement, comme un socle : « Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni homme libre, il n’y a plus ni homme ni femme, car vous êtes tous un en Christ Yeshua. » (Galates 3 : 28 ) Cette parole ne gomme pas les différences, elle les traverse. Elle dit que le parfum qui monte vers les cieux ne dépend pas du statut, du lieu, de l’histoire personnelle. Dans une prison, dans une église, dans une chambre secrète, le parfum est le même lorsqu’il vient d’un cœur tourné vers Lui. Je vois bien que, d’où qu’ils viennent, les actes d’adoration deviennent cette unité invisible : un parfum unique, multiple dans ses sources, mais un dans sa montée.
Alors surgit cette question délicate, mais essentielle, que je vais tenter d’aborder : doit-on adorer le Père ou Yeshua (Jésus) ? Jésus lui-même répond, sans jamais opposer. Il dit que le Père cherche des adorateurs qui l’adorent en esprit et en vérité. Et dans le même souffle, toute sa vie révèle qu’honorer le Fils, c’est honorer le Père. Le Père n’est pas le Fils, le Fils n’est pas le Père, et pourtant l’amour circule pleinement. Loin de se confontre, ils demeurent l’un dans l’autre dans une communion éternelle. Je vois une adoration qui ne divise pas, mais qui unit, parce qu’elle est relation avant d’être formulation.
Tout se passe toujours au lieu secret. Ce lieu où personne ne voit, où rien n’est prouvé, où rien n’est joué. Là, le parfum n’est pas fabriqué. Il est la conséquence directe de combien je me sais aimé(e). Mon parfum a l’odeur de ma confiance. Il a l’odeur de mon repos en Son amour. Quoi que je vive, je ne « sens » pas mauvais, parce que son amour inconditionnel me couvre. Je vois que je suis la bonne odeur, non par mérite, mais par grâce. Et cette odeur tournée vers Dieu, se propage et devient bénédiction pour moi-même et pour ceux qui m’entourent.
Il y a une porosité mystérieuse dans l’adoration. Elle traverse les murs, les lieux, les histoires. Plus je connais Dieu, plus, sans rien faire, je deviens cette bénédiction pour les endroits où je passe, pour la terre elle-même. L’atmosphère change. Non parce que j’agis, mais parce que je suis habitée. Je vois que l’enjeu est immense, surtout dans l’épreuve personnelle comme dans les temps compliqués que vivent le monde : il est vraiment crucial de continuer à aller à l’adoration quand même.
Oui, mais comment faire dans la tempête ou dans le désert ? Dans le chaos du monde et l’incompréhensible ? Je crois vraiment que la clef est de demeurer en Lui. Et de ce demeurer naît un parfum. Un parfum qui monte vers le Père. Un parfum qui dit l’amour. Un parfum qui remplit l’atmosphère.
Amen.
⇒ Le lendemain de la rédaction de cet article, j’ai été instruite du terme précis dyophisme, qui établit le principe de non-confusion entre le Père et le Fils, notamment exprimé en Hébreux 1,2‑3 « Aux derniers de ces jours, il nous a parlé par un fils qu’il a établi héritier de tout, lui par qui il a formé les ères. Lui, splendeur de la gloire, caractère de sa substance, porteur de tout par le mot de son dynamisme, lui qui a accompli la purification des fautes et s’est assis, à la droite de la grandeur, dans les hauteurs. »
Pour recevoir nos prochains articles, pensez à laisser votre email en bas de page, et nos mots viendront directement jusqu’à vous.
Contact
Ne manquez rien !
Abonnez-vous à nos envois