Fabrique d’écriture & traversées
Longtemps, l’écriture a été un lieu de passage.
Entre soi et le monde.
Une passerelle — sans que je sache encore la nommer — entre ciel et terre.
Dans une géographie étendue aux territoires et aux nations de la Francophonie.
Ecrire comme un lieu où d’autres voix venaient se déposer. J’ai été prête-plume, souvent pour des femmes, pour des sans-voix aussi, là où les mots manquaient, là où dire était déjà une traversée.
J’ai accompagné des écritures individuelles, comme des chemins de retour à soi, des tentatives de paix avec son histoire, avec les siens.
Journaliste en Méditerranée, j’ai recueilli, déplacé, transmis des récits ancrés dans des terres multiples, dans des langues mêlées, dans des réalités parfois fragmentées, entre rives, entre cultures, entre appartenances. La Méditerranée comme matrice vivante, espace de tension et de passage, de mémoire et de récits croisés.
La fabrique d’écriture s’est ainsi déployée,
non comme une méthode, mais comme une recherche vivante, ouverte, en mouvement et
en tous sens.
Une recherche portée, sans que je le sache encore pleinement,
par un élan : de l’amour, pour l’amour, vers l’amour.
Une manière d’aller vers.
Vers les territoires —
dans le Sahara algérien,
dans des villes, des marges,
à travers des ateliers géopoétiques, des écritures en marche, de nuit, de jour,
dans les coulisses, dans des lieux improbables,
là où écrire devenait rencontre.
Vers les autres —
dans des institutions, des associations, des entreprises, dans des hôpitaux psychiatriques, auprès de personnes en soins palliatifs, dans des espaces fragiles, auprès de celles et ceux tenus à distance de la parole, de la culture, ou d’eux-mêmes.
Auprès de femmes en reconstruction, de personnes étrangères, déplacées, exilées, où la question des langues, de l’identité, de la dignité se posait à vif.
Vers les passages —
l’exil, les seuils, les fractures, jusqu’à des créations collectives, musico-littéraires, portées en scène,
où les voix retrouvaient corps et présence.
Vers moi — non comme un récit personnel, mais comme une recherche intérieure, celle de la cohérence, du sens, et d’une écoute plus fine de ce qui cherche à naître. Écrire comme un chemin où l’on se découvre en même temps qu’on cherche.
Écrire aussi comme un lieu de tissage :
tissage entre disciplines,
entre individus,
entre mémoire et présent,
tissage d’histoires confiées, portées, parfois simplement tenues.
Il y a eu :
des ateliers — ponctuels ou au long cours, en cycles, en saisons
des accompagnements individuels approfondis
des projets collectifs édités ou portés en scène
des voyages d’écriture, immobiles ou traversants
des dispositifs inventés à chaque fois, au plus près des êtres et des lieux
et toujours, cette attention :
ne pas prendre la parole,
mais la recevoir,
l’accueillir,
la transmettre avec justesse.
Je n’ai pas cherché à faire œuvre.
Mais à mettre un talent à disposition,
à ouvrir un passage,
à permettre que quelque chose circule,
vive,
se relève parfois.
Depuis mai 2024
Depuis ma rencontre avec le Christ en mai 2024, ou plutôt : depuis qu’Il m’a trouvée et que j’ai reconnu en Lui ce que je cherchais depuis toujours — la paix, l’amour, la source —quelque chose s’est éclairci sur mon identité, mon ADN spirituel. L’écriture est restée.
Ce qui s’était déployé en de multiples directions s’est rassemblé. En une corps & graphie tellement alignée, en esprit et en vérité, j’adore… Et l’écriture est devenue intentionnellement offrande.
Ce qui s’est longtemps cherché
dans des chemins multiples
est aujourd’hui rassemblé, orienté, remis.
La fabrique a laissé place à un ministère : l’Ouvroir des cœurs
(découvrez-le dans l'onget éponyme ou simplement en lisant les articles déposés dans l'onglet Blog de l'ouvroir des coeurs)
Cette rubrique est svp à recevoir simplement comme quelques jalons, sur un chemin d’équipement, de traversée et d’écoute.