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Le mot sororité vient du latin soror, qui signifie « sœur ». Il évoque un lien profond entre femmes, fait de solidarité, de bienveillance et de responsabilité partagée. Dans le monde, ce mot est souvent convoqué pour répondre à des réalités douloureuses : la jalousie, la comparaison permanente, la rivalité silencieuse ou déclarée. Autant de dynamiques qui fragilisent les relations féminines et ferment les cœurs.

Oser parler de sororité en Christ peut surprendre. Ce mot, jusqu’à ce jour, je ne l’ai pas entendu employé dans les milieux chrétiens. Pourtant, il mérite d’être réapproprié. En Christ, la sororité n’est pas une posture ni un concept importé du monde : elle est une vocation spirituelle. Celle de femmes appelées à marcher ensemble, à se soutenir et à s’édifier, quels que soient l’âge, le parcours ou la saison de vie.

Notre identité en Christ ne repose ni sur la performance ni sur la comparaison, mais sur l’amour reçu du Père. Lorsque notre valeur est ancrée en Lui, nous sommes libérées du besoin de nous mesurer les unes aux autres. Alors, la réussite de l’autre ne nous menace plus : elle devient une source de joie et d’action de grâce.

La Bible nous offre, entre autre, un exemple lumineux de cette sororité bien avant que le mot n’existe : la rencontre de Marie et Élisabeth (récit complet en Luc 1.39–45). Il est important de souligner que c’est l’ange lui-même qui, en annonçant à Marie l’œuvre extraordinaire que Dieu accomplit en elle, lui révèle aussi la grossesse d’Élisabeth. Dieu relie déjà ces deux femmes : une très jeune femme appelée à porter le Sauveur, et une femme avancée en âge, enceinte, après de longues années d’attente.

Marie se met alors en route vers Élisabeth. Leur rencontre n’est ni marquée par la jalousie ni par la comparaison. Aucune ne se demande pourquoi Dieu agit ainsi dans la vie de l’autre. Au contraire, cette visitation devient un lieu de joie profonde, de reconnaissance mutuelle et de confirmation spirituelle.

Élisabeth bénit Marie, reconnaît sans réserve l’œuvre de Dieu en elle et l’encourage publiquement. Marie, de son côté, trouve refuge, soutien et compréhension auprès d’une femme d’expérience. Ensemble, elles célèbrent la fidélité de Dieu. Cette scène révèle une sororité où la jeunesse et la sagesse se rencontrent, où l’appel de l’une fortifie la foi de l’autre, et où chacune trouve sa place sans rivalité.

Pour revenir dans le temps présent, nous sommes si reconnaissantes du nom de ce ministère qui a été donné par l’Esprit Saint : l’Ouvroir des cœurs. Ce mot porte en lui une profondeur spirituelle et une richesse de sens qu’il est important de comprendre.

Le verbe œuvrer vient du latin opus, qui signifie « œuvre », « travail », « action accomplie ». De ce même mot découle opera, qui désigne un travail réalisé ensemble, une œuvre collective où chaque contribution compte. Œuvrer, ce n’est donc pas agir seule dans son coin, mais se rassembler pour participer à une même œuvre, chacune avec ce qu’elle est et ce qu’elle porte. C’est accepter que nos dons, nos histoires, nos forces et même nos fragilités s’entrelacent pour former une œuvre plus grande que nous.

En nous rassemblant ainsi, en prenant soin les unes des autres, nous devenons des témoins vivants de l’Évangile. Que la sororité en Christ soit pour nous un chemin de guérison, de croissance et de fécondité ; une œuvre vivante, portée par l’amour, pour la gloire de Dieu et le bien de toutes.

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