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Il est une chose, frères et sœurs bien-aimés, que nous, enfants de Dieu, cultivons souvent avec ferveur : la connaissance des Écritures. Nous lisons, nous écoutons des enseignements, nous accumulons des versets, nous nous réjouissons de découvrir des nuances en grec ou en hébreu. Cette soif est belle et nécessaire. Mais il existe un glissement discret, dans lequel il est facile de tomber : croire que comprendre suffit. Croire que cela équivaut à être devenu. Croire que la connaissance, à elle seule, nous transforme.

L’apôtre Jacques, avec sa parole sans détour, vient fissurer cette illusion. Il ne parle pas d’un manque de savoir, mais d’un problème bien plus profond : un problème d’identité.

« Mais, devenez exécutants de la parole, pas seulement des auditeurs, vous abusant vous-mêmes. Oui, si quelqu’un est auditeur de la parole et non exécutant, il ressemble à un homme qui contemple sa face originelle dans un miroir : il se contemple, s’en va et, aussitôt, oublie comment il était. » (Jacques 1:22-24)

Jacques utilise une image saisissante : la face originelle. Il ne s’agit pas d’un simple visage, ni d’une apparence. Il s’agit de ce que nous sommes au plus vrai, au plus profond, tels que Dieu nous voit et nous a conçus. Le miroir, ici, ce n’est pas notre conscience. Ce n’est pas non plus notre introspection.
Le miroir, c’est la Bible.

Mais que se passe-t-il souvent ? L’homme « s’en va et, aussitôt, oublie comment il était. » En quittant le miroir, nous retournons souvent à une image plus familière : celle façonnée par nos vies et par le monde, par nos blessures, par nos réflexes de défense, par la chair et ses réactions immédiates. Cette image est connue mais elle n’est pas pour autant la face originelle.

Connaître sans devenir, dit Jacques, c’est s’abuser soi-même. C’est pouvoir parler de la sagesse d’en haut tout en vivant selon les automatismes d’en bas. C’est enseigner la douceur de Yeshua et répondre avec les réponses du monde. C’est proclamer la liberté tout en réagissant depuis la peur. Le décalage est là. Et la Bible le montre.

Le miroir révèle l’écart entre la face originelle (appelée à bénir) et le visage déformé par la chair. C’est une école de réalignement.

Et si je vous parlais un peu de ma propre marche. Me regarder dans le miroir de la Bible, c’est voir le différentiel entre ce que je suis appelée à être et ce que je manifeste ici et maintenant. Et c’est là qu’un point essentiel doit être clarifié : voir cet écart ne signifie pas être condamnée. En Christ, il n’y a plus de condamnation. Mais il y a une responsabilité : garder mon cœur, veiller sur ce qui m’habite. Lorsque le miroir révèle un décalage, la réponse n’est ni la culpabilité, ni la fuite mais la  repentance. La repentance n’est pas un sentiment écrasant ni un rituel religieux destiné à « couvrir » mes fautes. Elle commence par une reconnaissance simple et honnête : j’ai manqué la cible. J’ai pensé, parlé ou agi à côté de ce que Dieu m’appelait à vivre. Se repentir, c’est venir devant Dieu telle que je suis, reconnaître la faute, recevoir son pardon, puis me détourner de ce qui m’éloigne de Lui pour me tourner à nouveau vers Christ…C’est un mouvement du cœur, c’est intentionnel. Veiller, en conscience, être nourrie par la rumination des Ecritures et par cette Bible qui se donne à habiter dans tous les instants de ma vie. J’ai entendu à plusieurs reprises des messages sur le fait que Satan n’a pas peur des rituels des chrétiens, qui sont improductifs dans le monde spirituel. C’est un endroit de vigilance dans ma marche de disciple. L’adversaire a peur des cœurs qui restent fixés, humbles et vivants devant Dieu, dans une relation vraie et persévérante. Et cela est une donne importante pour avancer dans la repentance, chaque jour ! Je considère qu’accepter le miroir, c’est me voir telle que la Bible me dit que je suis, et telle que je suis réellement. Et laisser l’image originale imprégner tout mon être.

Dieu ne façonne pas des bibliothèques ambulantes ni des sachants, c’est en tout ma perception, de là où je suis en cheminant. Il façonne des fils et des filles ressemblants. Nous sommes des corps disponibles, des vies. Regardons dans le miroir, et au lieu de repartir et oublier, restons-y et laissons-nous façonner : « Celui qui plonge son regard dans la tora parfaite, celle de la liberté, et qui y demeure, n’étant pas auditeur oublieux mais exécutant actif, celui-là sera heureux dans son agir. » (Jacques 1:25)

Nous sommes aimé.e.s Soyons transformé.es. de gloire en gloire !