Le mot conversion fait partie de ces termes souvent utilisés dans le vocabulaire chrétien… mais dont le sens profond mérite d’être redécouvert. On l’associe souvent à un changement de vie, à une décision spirituelle, parfois même à un moment précis de l’existence. Mais que signifie-t-il vraiment ? Que se passe-t-il dans le cœur humain lorsqu’il se tourne vers Dieu ?
Dans son livre Variations sur les mots – Sion, le pasteur, écrivain et conférencier Frédéric Baudin propose une série de méditations autour de mots se terminant par « -sion ». Chaque mot devient une porte d’entrée vers une réflexion biblique, spirituelle et humaine.
Vous trouverez ci-dessous le texte de l’article Conversion, tel que Frédéric Baudin l’a écrit aux pages 26 à 28 de son livre, et qu’il nous a gentiment autorisés à reproduire ici :
Conversion
Le gros mot, l’odieuse expression, qu’on n’ose plus glisser dans une conversation !
Et d’abord, il rappelle les changements contraints, souvent sous la menace, la trahison d’une religion pour une autre confession, l’Inquisition et ses méthodes de malandrins, les tortures de Torquemada, de Séville à Goa, la question des dominicains, les « actes de foi » fugaces, autodafés enflammés en guise d’ultime capitulation.
Non, non et non ! Ce n’est pas de cela qu’il est question. La conversion est d’abord retour à Dieu, téchouva, disent les Hébreux, une virevolte d’amour, une innovation : on se détourne du mal et l’on se tourne vers Dieu, avec résolution.
On prend conscience de ce mal, tout d’abord, au fond de soi, ce qui sort de la bouche et non ce que l’on avale, dit Jésus dénonçant le mal, ce mauvais mal qui nous ronge de l’intérieur, et non celui de l’extérieur qui en est la conséquence, la réaction.
On pleure sur sa faute de vouloir discerner le bien du mal par soi-même, en rejetant Dieu qui les distingue, lui seul, à la perfection ; on a infligé à ces deux mots une fâcheuse torsion, on a cédé à l’exagération, on les a confondus même, à en devenir dingue, on a fini par les inverser, ou par les
On se rappelle que l’on était mieux avec l’esprit d’enfance : c’est déjà une preuve de maturation ; on a gaspillé ses forces, dilapidé ses dons humains, prodigué ses biens dans les bas fonds. On a touché le fond. On s’en repent pour remonter la pente, on retrouve un peu d’espérance, de foi, de détermination.
On reprend le chemin de l’habitation.
On revient librement, avec cette liberté que Dieu seul peut donner ; on se présente en tremblant, le Seigneur accueille avec compassion ; on se jette dans ses bras, sûr d’être aimé ; on savoure ce retour à Sion.
On fait confiance au bon et juste Dieu, au Père, au cœur de mère, qui aime sans distinction ; au Fils à la main de frère, qui assure cette médiation ; à l’Esprit, le Saint, qui scelle notre réconciliation.
On s’assoit à sa table dans les cieux, en espérance, au séjour gracieux, avec révérence : on se réjouit de cette inexpugnable position.
On reçoit la vie, profonde et belle, déjà sur cette terre ; on est submergé par la joie et la paix, l’existence devient plus sereine ; une onde éternelle, quotidienne, nous baptise, nous désaltère. On goûte la béatitude, avec délectation.
Vient aussi, bien vite, le temps de l’épreuve, de la tentation, un peu moins de paix, un peu moins de joie. Mais le Seigneur est là, à nos côtés : c’est notre fondation. Il nous redonne joie et paix, bientôt de nouveau diminuées, troublées par quelque tribulation…
Mais que c’est bon, la conversion ! J’en apprécie le bien, sans omission! Je prends ce bain depuis quarante ans, je n’en regrette rien. Purifiant, embaumant, délassant, délassant, réconfortant le pécheur toujours se réformant : une régénération.
Je vois mon amour grandir, pour Dieu comme pour mon prochain, une grâce, une vocation, un gain. Et par grâce, pendant les heures lentes, sous le soleil et la pluie, parfois sous l’orage, je respire une fragrance succulente ; je vois mûrir, en mon petit moi peu sage, les bons fruits de l’Esprit : patience et amour, joie — rires ! — et douceur, paix et fidélité, bonté et maîtrise de soi, bienveillance et — en addition — commisération.
Qu’ils sont menus, encore, et verts, ces précieux fruits ; je cède parfois à la colère, à la tentation… Quelle désolation ! Mais je crois, j’adore et j’espère, sans ostentation.
Je me tourne et retourne vers toi, Seigneur ! Je suis heureux dans tes bras, je danse de bon cœur, qu’importe les moqueurs ! Merci, bon roi, merci pour ton absolution !
Si vous souhaitez aller plus loin dans cette réflexion, je vous encourage à lire le livre Variations sur les mots – Sion de Frédéric Baudin, disponible notamment sur Amazon.
Parmi ses autres ouvrages, je vous recommande particulièrement D’un jardin à l’Autre, qui m’a beaucoup édifié. Ce livre m’a aidé à mieux goûter à la patience de Dieu dans notre croissance et la beauté du chemin intérieur qu’il nous propose de parcourir avec Lui.
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