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Il est une fièvre qui saisit parfois le cœur du croyant : celle de vouloir tant être un témoin efficace de la Bonne Nouvelle. Nous voudrions tant convaincre, prouver, démontrer. Mais l’Esprit, lui, ne court pas. Il se tient dans le calme, et c’est là qu’Il agit. Nous disons souvent : « Me voici ! » avec la ferveur d’Ésaïe. Nous voulons bénir, partager, annoncer. C’est un élan magnifique et nécessaire. Mais l’occasion nous est donnée de le faire dans le calme et la paix. Non pas dans l’agitation, mais dans la sérénité de notre identité en Christ. Car notre première annonce, avant même nos paroles, c’est notre présence. Une présence apaisée, qui ne juge pas, qui est simplement là, qui sait être en devenir. Une présence qui est un témoignage silencieux de Celui qui habite en nous.

Une sœur partageait comment un simple sourire devenait la porte d’entrée du cœur des personnes qu’elle croisait. Elle racontait qu’elle attendait patiemment que l’Esprit Saint lui donne l’occasion de parler de Jésus, sans forcer, sans précipitation. Cette attitude reflète si bien la paix contenue dans ces versets : « J’ai semé, Apollôs a arrosé, mais Elohîms a fait croître. Ainsi le semeur et l’arroseur ne sont rien, mais celui qui fait croître : Elohîms » (1 Corinthiens 3:6-7). Dieu veut que nous soyons paisibles, tranquilles, hors de l’agitation. L’un sème, l’autre arrose. Nous ne sommes que des passages. Nous déposons une graine, nous versons une goutte d’eau. Parfois nous semons sans même le savoir, parfois nous arrosons ce qu’un autre a semé il y a longtemps. Mais la croissance ? Elle ne nous appartient pas. Elle est l’œuvre silencieuse et puissante de l’Esprit.

Alors souvenons-nous de cela et cessons l’agitation. Jésus ne nous a pas envoyés comme des avocats dont le talent rhétorique devrait emporter la décision du jury. Il nous a envoyés comme des témoins. Notez bien qui fait croître : ce n’est pas nous. Nous sommes là pour planter, pour arroser, pour aimer, pour être présents. Lui, Il se charge de convaincre les cœurs. Cette simple vérité devrait nous rendre incroyablement libres et paisibles.

On raconte qu’une personne croisera en plusieurs fois la bonne nouvelle avant de s’avancer et de demander le salut. Des recherches récentes indiquent que les évangéliques citent en moyenne 3,4 influences différentes dans leur cheminement vers la foi, et 96 % d’entre eux mentionnent des influences multiples – famille, amis, église, lectures, épreuves personnelles . Ce qui frappe, c’est que la majorité des croyants adultes ne peuvent pas identifier un moment précis de conversion. Le chemin vers la foi est varié, individualisé, et se construit dans la durée. Cela nous rappelle que la foi est une lente maturation.

Les situations sont diverses. Autant de personnes, autant de chemins. L’un aura besoin de sept rencontres, l’autre de soixante-dix fois sept fois. L’un sera touché par une parole, l’autre par une épreuve, l’autre par le silence aimant d’un ami. Nous ne connaissons ni l’heure, ni le chemin. Mais nous devons être sûrs d’une chose : à chacun son temps. Notre Père est un Dieu de patience. Il respecte la croissance de chaque grain. Il n’arrache pas la graine pour voir si la racine pousse. Il fait venir la pluie et le soleil, en son temps.

Alors que faire ? Devons-nous rester passifs ? Non. Paul nous parle d’un équipement. Il nous dit d’avoir « pour chaussures aux pieds le zèle que donne l’Évangile de paix » (Éphésiens 6:15). Des chaussures de paix. Pas des bottes de cavalerie pour charger l’ennemi, car il n’y a pas d’ennemi à charger, seulement des personnes à aimer. Des chaussures pour marcher, pour se tenir, pour suivre le chemin parfois long et caillouteux aux côtés de notre prochain. C’est un zèle pacifique, un zèle patient.

Alors ne confondons pas témoignage et combat. Ne confondons pas annonce et agitation. Ce que nous portons, ce n’est pas un message à imposer, c’est une présence à offrir. Ce que nous désirons partager, ce n’est pas une doctrine, c’est Celui qui nous aime et que nous aimons tant. Il est là, Lui, le Dieu de toute beauté, le Dieu au cœur si doux, qui ne brise pas le roseau froissé, qui n’éteint pas la mèche qui fume encore. C’est de Lui que nous voulons parler, parce qu’Il est notre vie, notre joie, notre paix. Et quand on aime, on n’a pas besoin de courir. On se tient là, simplement, avec un sourire, avec une présence, avec des chaussures de paix aux pieds. Et l’Esprit Saint fait le reste, en son temps, dans la beauté de son œuvre. Amen

 

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