Il y a des jours où mon âme me fatigue.
Elle se souvient de tout. Des blessures, des mots qui ont fait mal, des absences, des peurs qui s'installent sans prévenir. Elle imagine le pire, doute même de ce qui pourtant lui a déjà été donné.
Et moi, je la regarde faire.
Je voudrais lui dire de se reposer un peu. De ne pas porter aujourd'hui les peines d'hier, ni les inquiétudes de demain. Comme elle se charge de choses qui ne lui appartiennent même pas encore !
Alors je lui rappelle Dieu.
Pas pour faire taire ce qu'elle ressent. Pas pour lui demander d'aller bien à tout prix. Mais pour lui rappeler qu'il existe plus grand que ses peurs. Que Dieu est Dieu, et que toute ma vie peut se souvenir de ses bienfaits.
C'est ce que David nous invite à faire dans le Psaume 103 : « Mon âme, bénis l'Éternel, et n'oublie aucun de ses bienfaits ! »
Nous sommes si spontanément attentifs à ce qui nous manque, à ce qui nous inquiète, à ce qui nous a blessés ou à ce qui pourrait mal se passer. Notre attention devient parfois prisonnière de nos difficultés. Alors bénir Dieu, c'est aussi réorienter notre regard.
Pour ce qui me concerne, je choisis d'être intentionnelle et de dire à mon âme : souviens-toi de Dieu. Souviens-toi de sa fidélité. Des fois où il t'a soutenue, des portes qu'il a ouvertes, des forces qu'il t'a données, des personnes qu'il a placées sur ton chemin. N'oublie aucun de ses bienfaits. Et je vous assure que cela change l'atmosphère de mes pensées et donc mon état !
Et puis il y a ce Psaume 63, qui me touche particulièrement. David est au désert de Juda. Et dans la traduction de Chouraqui, il dit : « Elohîms, Éli, je te quête. »
Je te quête. Quelle belle expression ! Elle dit quelque chose de cette recherche de Dieu qui ne ressemble pas à une obligation, mais à une soif profonde. David ne formule pas ici un commandement : il nous ouvre son cœur. Il nous fait entendre son désir de Dieu. Il a soif. Son être languit. Et pourtant, il se souvient de Dieu, le contemple et le bénit.
Je te quête, Dieu. Pas seulement quand mon cœur est léger. Je te quête aussi lorsque mes blessures parlent plus fort que ma foi, lorsque mes pensées s'emballent et que mon âme semble oublier le chemin.
Je crois que c'est aussi là que se joue quelque chose de la sanctification : laisser Dieu visiter doucement les endroits de nous qui ont encore besoin de guérison. Lui faire confiance pour transformer ce que nous n'arrivons pas toujours à transformer par nos seules forces.
Heureusement pour chacun.e, sa grâce ne dépend pas de nos performances.
Alors, voilà, quand mon âme recommence à s'inquiéter, je lui rappelle ce qu'elle oublie si facilement. Je lui parle de Dieu, de sa bonté, de sa fidélité. Et je lui dis : Regarde tout ce qu'il a déjà fait. Ne laisse pas tes blessures raconter toute notre histoire. Tu as le droit d'être encore en chemin. Mais n'oublie pas qui est ton Dieu.
Car David poursuit sa quête par cette autre parole du même psaume : son être s'attache à Dieu, et la main de Dieu le soutient.
J'apprends à ne pas attendre que tout soit apaisé en moi pour me tourner vers Dieu. À le chercher dans le désert, à m'attacher à Lui, à me souvenir de ses bienfaits et à le bénir encore.
Je te quête, ô Dieu, tu es mon Dieu. Et même lorsque nos âmes vacillent, nous pouvons nous appuyer sur cette certitude : c'est Lui qui nous soutient.
Mon âme, bénis l'Éternel. Et n'oublie aucun de ses bienfaits !
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