Je regarde la terre brûler…Face à cette chaleur écrasante, je regarde au-delà de ma propre personne la fragilité humaine. Et je m’interroge devant ces éléments qui nous dépassent. Pourquoi tant de régions sont-elles saisies en même temps par une chaleur inhabituelle ? Pourquoi ces foyers de feu semblent-ils se multiplier ? Pourquoi la création gémit-elle avec une telle intensité ?
La science décrit les phénomènes atmosphériques. Les données actuelles montrent que les épisodes de chaleur extrême touchent simultanément une grande partie de l'Europe (France, Espagne, Italie, Allemagne, Europe centrale et orientale), tandis qu'un important « dôme de chaleur » concerne aussi une large partie des États-Unis. Les météorologues parlent d'événements simultanés liés à des configurations atmosphériques persistantes. Je ne rejette pas ces explications. Mais la Bible m'apprend qu'au-delà des causes visibles demeure toujours la souveraineté de Dieu. « Car la création tout entière soupire et souffre les douleurs de l'enfantement jusqu'à présent. » (Romains 8:22)
Alors, je m’interroge plus profondément . Et si ces bouleversements étaient aussi des appels ? Non pas des condamnations que je pourrais attribuer à telle nation plutôt qu'à une autre. Jésus nous met justement en garde contre cette tentation lorsqu'il parle de ceux sur qui la tour de Siloé est tombée : « Pensez-vous qu'ils fussent plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ? Non, je vous le dis. Mais si vous ne vous repentez, vous périrez tous également. » (Luc 13:4-5) Je crois que ce texte déplace notre regard vers notre propre cœur.
Lorsque je lis les Écritures, il existe plusieurs passages où la chaleur, la sécheresse ou la famine apparaissent comme des jugements de Dieu : « Je vous ai aussi refusé la pluie... mais vous n'êtes pas revenus à moi, dit l'Éternel. » (Amos 4:7-8) ou cette parole adressée à Israël : « L'Éternel ouvrira pour toi son bon trésor, le ciel, pour envoyer à ton pays la pluie en son temps. » (Deutéronome 28:12) Puis, quelques versets plus loin : « Le ciel sur ta tête sera d'airain, et la terre sous toi sera de fer. L'Éternel enverra pour pluie à ton pays de la poussière et de la cendre. » (Deutéronome 28:23-24). Je suis consciente que ces textes concernent des contextes précis de l'histoire biblique. Toutefois, ils nourrissent chez certains chrétiens une réflexion théologique qui demeure actuelle.
Quant à moi, je me pose des questions : Vivons-nous des temps où Dieu laisse parler la création pour réveiller les consciences ? Assistons-nous seulement à un dérèglement physique, ou également à une alerte spirituelle ? Les deux peuvent-ils coexister ? Le prophète Jérémie utilise, dans le chapitre 17 de son livre, la métaphore de la chaleur extrême pour faire le tri entre deux attitudes de cœur. Il explique que la chaleur, finalement, révèle, ce qui est invisible en temps normal : la profondeur de nos racines. « Béni soit l'homme qui se confie dans l'Eternel, Et dont l'Eternel est l'espérance! 8Il est comme un arbre planté près des eaux, Et qui étend ses racines vers le courant; Il n'aperçoit point la chaleur quand elle vient, Et son feuillage reste vert; Dans l'année de la sécheresse, il n'a point de crainte, Et il ne cesse de porter du fruit. » (Jérémie 17 :7-8) Il ma semble, en effet, que la canicule est une « occasion » de voir où l’on puise sa force spirituelle : où en sont nos réserves de paix et de foi, notamment.
Vous l’aurez compris, cet article a pour principal objet de chercher La source de fraicheur, dans bien plus haut que l’épisode météorologique en cours. Je suis convaincu que Dieu peut Tout et qu’il peut transformer ce qui est pénible en un chemin de croissance ! Un fléau n’est pas une bonne chose en soi mais tout peut-être utilisé pour éveiller les consciences et ouvrir les cœurs. « Heureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu. » (Matthieu 5:8) « Qui pourra monter à la montagne de l'Éternel ? Celui qui a les mains innocentes et le cœur pur. » (Psaumes 24:3-4) Je crois profondément que la bénédiction de Dieu ne se limite pas à une prospérité extérieure. Elle repose d'abord sur ceux qui marchent dans l'obéissance, dans la repentance et dans la sainteté. Elle garde ses enfants au milieu même des épreuves. Elle ne promet pas l'absence de souffrance, mais la présence du Père.
À mesure que les jours de canicule durent je veux laisser monter une autre flamme : celle de l'espérance !
Car avant d'être un Dieu qui juge, Dieu révèle son cœur de Père. Avant chaque appel au jugement, Il adresse une invitation à revenir. Avant la nuit, Il fait encore entendre sa voix.
Peut-être que la première question n'est pas : « Pourquoi la terre brûle-t-elle ? » mais : « Où sont les cœurs qui répondront à son appel ? »
Note historique : Bien avant l'invention des thermomètres modernes, l'Europe a connu un épisode climatique exceptionnel. Plusieurs historiens du climat considèrent que la grande sécheresse et la canicule de 1540 figurent parmi les événements les plus extrêmes de l'histoire européenne. Selon les chroniques de l'époque, la sécheresse aurait duré près de 11 mois, débutant notamment en Italie avant de s'étendre à une grande partie du continent. Comme cette période est antérieure aux relevés météorologiques modernes, ces reconstitutions reposent principalement sur des témoignages, des archives et des études paléoclimatiques, et doivent donc être interprétées avec prudence.