+33 684 497 888 nbendjilali@gmail.com

Maurice Zundel est un prêtre et théologien suisse du XXe siècle, connu pour sa manière très intérieure et exigeante de parler de Dieu. Il parlait d’une Présence à rencontrer au plus intime de nous-mêmes. Dans la conscience. Dans la liberté. Dans l’amour vécu. Non pas un Dieu à admettre, mais un Dieu à laisser vivre en nous.

Quand j’ai découvert sa phrase, elle m’a confortée comme une évidence que je n’osais pas encore formuler : « Je ne crois pas en Dieu, je le vis. » Elle mettait des mots sur ce que je commençais à peine à toucher du doigt, il y a de cela bientôt deux ans. Par Jésus, j’avais contemplé la Gloire de Dieu. Et j’avais vécu une chose libératrice : tout ne dépendait pas de mes efforts, de ma ferveur, de ma bonne volonté. Tout dépendait de Lui ! La vraie foi n’était pas une opinion religieuse que l’on discute voire que l’on défend. La vraie foi est une relation. Jésus ne vient pas donner une doctrine de plus. Il vient offrir un chemin : celui d’une vie habitée, concrète, transformée de l’intérieur. Croire peut rester abstrait. Vivre Dieu devient réel.

Depuis que je marche avec le Christ, j’ai été confrontée à des situations très concrètes qui m’ont laissée interrogative. Des personnes m’affirmaient sans hésiter qu’elles étaient chrétiennes, ou qu’elles croyaient en Dieu. Et dans le même instant, elles me mentaient droit dans les yeux. Ou bien elles faisaient preuve d’une dureté de cœur, de médisance, d’hypocrisie, parfois même d’une injustice pleinement assumée. Ce n’était pas une impression vague. C’étaient des moments précis, des paroles entendues, des attitudes subies. Je ne pouvais pas faire semblant de ne pas voir. Et en même temps, j’étais appelée à pardonner, à aimer. Ce n’est pas aussi simple à vivre qu’à écrire. Ces situations m’ont obligée à me poser une question : que signifie vraiment « être chrétien » ? J’ai compris que je ne pouvais pas me contenter de cette étiquette. Le mot recouvrait des réalités très différentes. Alors, peu à peu, j’ai commencé à me présenter autrement : enfant de Dieu et disciple du Christ. Non pas comme une formule plus forte, mais comme une vérité qui m’engage à une responsabilité : celle de marcher, de rester en chemin par lui, pour lui et avec lui. C’est là qu’un des versets des Écritures a pris toute sa profondeur : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi » (Galates 2:20). Cette phrase n’est pas un idéal lointain. Elle est une direction. Elle signifie que ma vie ne m’appartient plus totalement. Elle est appelée à être transformée de l’intérieur. Ce n’est pas instantané, ce n’est pas parfait, mais c’est réel.

Je réalise à présent qu’il est beaucoup plus facile de croire en Dieu comme on croit à une idée extérieure, que de le laisser entrer dans les zones les plus profondes de notre vie. Croire peut rester général, presque abstrait. Vivre Dieu demande de lâcher prise, renoncer à certaines justifications, accepter d’être transformé. Et cela ne se fait pas en un jour. C’est un chemin, lent, exigeant, mais profondément vrai et libérateur. « Là où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté » (2 Corinthiens 3:17). L’Esprit ne vient pas m’enfermer dans des règles. Il vient desserrer les verrous intérieurs, m’apprendre à respirer, me libérer de moi-même pour me donner à Lui. Vivre la présence de Dieu, pour moi, c’est cela. Ce n’est pas ressentir quelque chose de doux en permanence, ni me réfugier dans des idées rassurantes. C’est accepter d’entrer chaque jour dans une vérité parfois dérangeante, où Dieu vient toucher ce que je préférerais garder pour moi. Les Écritures prennent alors une autre dimension. Quand je lis que Dieu sonde les cœurs, cela devient concret. Quand Jésus parle de ceux qui disent « Seigneur, Seigneur » sans vivre ce qu’ils disent, je ne peux pas l’entendre comme une parole adressée aux autres.

Je n’ai pas atteint la perfection, loin de là. Mais je deviens en Christ  et je goûte chaque jour, à ce que signifie laisser Dieu vivre en moi. Et c’est pour cela que cette phrase de Maurice Zundel me touche autant. Elle me rappelle que la foi n’est pas d’abord ce que je dis, mais ce que je laisse Dieu faire en moi, dans le concret de ma vie, dans mes résistances comme dans mes élans. Peut-être que c’est là, finalement, que tout commence. L’éternité ne commence pas après la mort. Elle commence par la naissance d’en haut et quand le Souffle Sacré habite en nous. Et la mort, alors, perd son dernier mot. Ce n’est plus moi qui vis. C’est le Christ qui vit en moi. C’est cela, je crois, vivre (en) Dieu.

Suivez-moi sur :

Soundcloud Soundcloud

Ne manquez rien !
Abonnez-vous à nos envois

Un avis, une question, un message ? C'est ici...