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Écouter n’est pas entendre.

Entendre est une capacité naturelle. Nous entendons le vent dans les arbres, les bruits alentours, le murmure d’une conversation ou le tumulte du monde. Nous entendons même quantité de choses auxquelles nous ne prêtons aucune attention.

Écouter est tout autre chose.

Écouter demande une présence. Une disponibilité. Une forme de silence intérieur. Une intention. Un engagement. C'est comme tourner son visage vers une lumière discrète que beaucoup traversent sans la voir, ou tendre l'oreille vers une source cachée sous le bruit du monde.

Le célèbre mot hébreu Shema exprime cette réalité. Dans la prière d'Israël, nous lisons : « Écoute, Israël : IHVH-Adonaï notre Elohîms, IHVH-Adonaï est un. » (Deutéronome 6:4) Le verbe shema signifie à la fois entendre, écouter, comprendre et obéir. L'écoute véritable n'est pas passive. Elle transforme celui qui reçoit la parole.

Une parole réellement entendue ne nous laisse jamais exactement au même endroit.

Reconnaître une voix, c'est déjà la connaître ; et connaître une parole, c'est commencer à s'y conformer.

Peut-être est-ce pour cela que l'écoute de Dieu ne commence pas par l'oreille, mais par le cœur.

Comment reconnaître la voix de Dieu ?

La Bible ne présente pas cette reconnaissance comme une technique secrète. On reconnaît une voix parce qu'on la fréquente. L'enfant distingue naturellement la voix de sa mère. Le disciple apprend à distinguer la voix de Dieu.

Je crois important de préciser qu’il est possible de chercher des réponses sans chercher réellement la vérité. Il est possible de vouloir être rassuré, conforté, confirmé dans ce que nous croyons déjà.

Nous pouvons interroger le ciel tout en espérant secrètement que l'écho nous renvoie simplement notre propre voix.

Mais écouter exige davantage.

Écouter demande une certaine honnêteté.

Yéshoua parle de ceux qui reçoivent la parole « avec un cœur honnête et bon » (Luc 8:15). Il ne parle ni d'intelligence supérieure, ni de connaissances particulières, ni même de perfection morale. Il parle d'un cœur honnête.

Un cœur qui ne triche pas avec ce qu'il découvre.

Un cœur qui préfère la lumière à ses propres certitudes.

Un cœur qui accepte d'être déplacé lorsque la vérité l'appelle ailleurs.

Un cœur qui accepte de perdre ses sécurités familières  pour gagner davantage de réalité.

La vérité n'est pas toujours confortable. Certaines vérités nous réjouissent. D'autres nous obligent à abandonner des idées auxquelles nous étions attachés. Certaines guérissent immédiatement. D'autres traversent d'abord nos résistances avant de porter leur fruit.

Comme une semence enfouie dans une terre dure, elles demandent parfois du temps avant de percer la surface et de devenir visibles.

Yéshoua enseigne : « Heureux ceux qui écoutent la parole d'Elohîms et la gardent ! » (Luc 11:28)

Garder la parole ne signifie pas la posséder comme un objet.

C'est la préserver comme on entretient une flamme durant la nuit.

C'est la laisser demeurer en soi, lui faire une place, lui permettre de transformer nos pensées, nos choix et notre regard.

J’ai remarqué comment, dans les Écritures, ceux qui trouvent sont souvent ceux qui cherchent. Non pas ceux qui cherchent occasionnellement, mais ceux qui cherchent de tout leur cœur.

Chercher de tout son cœur, ce n'est pas chercher avec intensité émotionnelle. C'est chercher sans arrière-pensée. Sans vouloir contrôler le résultat. Sans décider à l'avance de ce qui doit être vrai.

C'est avancer comme un voyageur qui accepte de suivre le chemin avant d'en apercevoir la destination.

Le cœur honnête et bon n'est pas un cœur parfait. C'est un cœur qui accepte d'être enseigné. Un cœur qui préfère la vérité au confort. Un cœur qui ne cherche pas à avoir raison à tout prix, mais à voir juste.

C'est peut-être là le point le plus important.

La seule manière d'entendre véritablement Dieu est de rechercher sincèrement la vérité. Non pas la vérité qui nous arrange, mais la vérité telle qu'elle est.

Même lorsqu'elle dérange nos habitudes, même lorsqu'elle nous conduit hors des sentiers familiers.

C'est accepter que la vérité soit plus grande que nous.

Alors l'esprit apprend peu à peu à discerner. Comme l'œil s'habitue à la lumière de l'aube, l'être intérieur devient progressivement sensible à ce qui est juste, vrai et vivant. Ce qui paraissait confus se dessine peu à peu, comme un paysage qui émerge de la brume matinale.

Reconnaître la voix de Dieu n'est peut-être rien d'autre que cela.

Aimer suffisamment la vérité pour la reconnaître lorsqu'elle se présente.

Et lorsque nous la reconnaissons, même imparfaitement, même de loin, nous découvrons qu'écouter n'était pas seulement entendre une parole.

C'était orienter sa vie dans Sa direction.

C'était consentir à la suivre…