Depuis quelques jours, une réflexion infuse en moi autour de l’identité, de l’appel et de la marche avec Dieu. J’avais envie de la partager avec vous, parce qu’une la question d’être choisie par Dieu se pose non comme être « Sa favorite » mais bien comprendre ce que cela signifie. C’est découvrir que l’on est aimée depuis toujours, bien avant même d’en avoir conscience. Un amour qui ne dépend pas de ce que l’on fait, de ce que l’on devient ou de ce que l’on parvient à accomplir. Un amour qui ne change pas au gré de nos réussites, de nos doutes ou de nos faiblesses. Il était là avant que nous sachions le reconnaître, il est là aujourd’hui et il le sera encore demain. Je trouve beaucoup de paix dans cette pensée. Je n’ai rien à prouver pour être aimée de Dieu. Rien à réussir pour qu’Il continue de m’aimer. Je peux simplement apprendre à vivre dans cet amour, à mieux Le connaître et à Lui faire confiance, même lorsque je ne comprends pas tout.
Dans 1 Samuel 16:7, Dieu dit à Samuel : « L’Éternel ne considère pas ce que l’homme considère ; l’homme regarde à ce qui frappe les yeux, mais l’Éternel regarde au cœur. » Lorsque Samuel se rend chez Isaï pour désigner le futur roi d’Israël, il pense d’abord aux fils qui semblent correspondre à ce qu’il attend d’un roi. Pourtant, Dieu choisit David, celui que l’on n’avait même pas jugé nécessaire de présenter. Il était resté auprès des troupeaux, loin de cette scène où se jouait pourtant une partie de son histoire.
J’aime ce passage parce qu’il me rappelle que le regard de Dieu ne ressemble pas au nôtre. Nous pouvons être impressionnés par une personnalité, un parcours, une réussite ou une apparence. Dieu, Lui, voit au-delà de ce qui se remarque au premier regard. Il connaît le cœur.
Alors, que je sois discrète ou que j’aie une forte personnalité, que je traverse une période de doute ou que je me sente plus solide dans ma foi, je n’ai pas à faire de ces choses la mesure de ma valeur. Je n’ai pas non plus à devenir quelqu’un d’exceptionnel pour mériter l’amour de Dieu. Je peux arrêter de chercher sans cesse des signes qui me prouveraient que ma vie a une importance particulière.
Être choisie ne signifie pas être au-dessus des autres. Cela signifie apprendre à vivre auprès de Celui qui nous connaît et nous aime parfaitement.
Jérémie 1:5 nous rapporte ces paroles adressées au prophète : Dieu le connaissait avant sa naissance et l’avait consacré à une mission particulière. Cette parole concerne l’appel précis de Jérémie, mais elle me rappelle aussi combien Dieu connaît intimement ceux qu’Il appelle. Je n’ai pas besoin d’en tirer des conclusions hâtives sur ce qu’Il a prévu pour ma propre vie. Ni me demander si les prophéties faites sur ma vie par des humains sont exactes. Je peux simplement apprendre à Le connaître, à reconnaître Son caractère dans Sa Parole et à Lui faire confiance pour la suite.
Car, pour être honnête, je ne sais pas ce que Dieu prépare pour moi. Je ne comprends pas toujours pourquoi certaines portes s’ouvrent tandis que d’autres se ferment. Je n’ai aucune idée d’où me conduira la saison que je traverse, ni ce que je suis censée en retenir sur le moment. J’apprends juste à demeurer dans aujourd’hui. À ce qui est devant moi, à ce que je peux faire avec fidélité, ici et maintenant. Le Psaume 119:105 dit : « Ta parole est une lampe à mes pieds, et une lumière sur mon sentier. » J’aime cette image. Une lampe à mes pieds. Pas forcément une vue dégagée sur tout ce qui m’attend, mais une lumière qui me permet d’avancer. Je peux ouvrir la Parole, y chercher la sagesse dont j’ai besoin, prier, demander conseil et faire le prochain pas avec ce que je comprends aujourd’hui. Je n’ai pas besoin de connaître toute la suite pour continuer à marcher avec Dieu.
Plus j’avance dans ma foi, plus je comprends que l’essentiel ne se trouve pas tant dans ce que je ferai un jour pour Dieu que dans la relation que je cultive avec Lui aujourd’hui.
J’aime ces moments, chaque jour, où je peux simplement être seule avec Lui. Je Lui parle de ma journée, en direct et en tout cas je prends le temps de faire le point en fin de journée sur ce qui m’a réjouie, de ce qui m’a blessée, de ces pensées qui reviennent sans que je sache toujours pourquoi. Aussi, j’ouvre Sa Parole, je m’arrête sur un verset et je prends le temps de le laisser descendre en moi. Régulièrement, j’écoute une prédication et une parole vient me toucher plus profondément. Alors, je mets sur pause. Je n’ai pas forcément envie de reprendre. Je reste là, en silence, avec Dieu. Comme si, à cet instant, je n’avais plus besoin d’écouter davantage, mais simplement de demeurer auprès de Lui. Il y a aussi ces réveils avant l’aurore, ces moments très personnels que je garde dans le secret de ma relation avec Lui. Je n’ai pas besoin de tout expliquer ni de trouver les mots pour raconter ce qui s’y passe. Je sais seulement combien ces instants comptent pour moi. Ce sont des moments que personne ne voit, mais qui nourrissent ma marche avec Dieu. Loin du regard des autres, dans le secret de cette relation, j’apprends à mieux Le connaître et à me laisser connaître par Lui. Je prie, je chante parfois, je pleure, je Lui confie ce qui m’habite, je soupire. Et parfois, je ne dis rien. Je reste là. Dans ce silence, je peux déposer ce que je porte et Lui laisser toute la place.
Je ne viens pas seulement auprès de Dieu pour être rassurée ou pour entendre que tout va bien. Je veux aussi Le laisser me transformer. Parfois, cela signifie reconnaître que j’ai eu tort. D’autres fois, choisir de pardonner, retenir une parole qui aurait blessé, ou remettre à Dieu une inquiétude qui prenait trop de place. Le Psaume 139:23-24 exprime cette prière : « Sonde-moi, ô Dieu, et connais mon cœur ! Éprouve-moi, et connais mes pensées ! […] Et conduis-moi sur la voie de l’éternité ! »
Evidemment, il est question de transformation, de temps, de devenir, de mettre la lumière sur les angles morts, d’accepter de regarder ce que j’ai appris à cacher ou ce dont je n’ai pas conscience. L’Esprit Saint est infiniment patient : Je peux comprendre une chose aujourd’hui et devoir y revenir quelques semaines plus tard. Je peux prier pour changer, puis constater que certaines réactions sont encore bien plus présentes. J’apprends à ne pas me décourager pour autant, à prendre mes responsabilités sans vouloir tout porter seule et à revenir vers Celui qui connaît déjà mes fragilités.
Rester à Ses pieds n’est pas une parenthèse dans ma vie. C’est là que j’apprends, peu à peu, à vivre autrement.
Dans Jean 10:27, Jésus dit : « Mes brebis entendent ma voix ; je les connais, et elles me suivent. »
Il y a des choses que je peux discerner. D’autres pour lesquelles j’ai besoin de temps. Et parfois, je dois accepter de prendre une décision sans avoir la certitude absolue de connaître la suite. Cela ne veut pas dire que Dieu est absent. Cela signifie aussi que je suis appelée à grandir en sagesse et à avancer avec humilité.
Alors, régulièrement, je reviens à cette question : qu’est-ce qui prend le plus de place dans mon cœur ? Et ses corollaires : Est-ce le désir d’être aimée, reconnue, choisie par les autres ? Est-ce la peur de décevoir, le besoin de contrôler ce qui vient, ou cette envie de savoir à l’avance que je suis sur le bon chemin ? Ou est-ce que j’apprends, peu à peu, à m’appuyer davantage sur Dieu ?
Proverbes 4:23 nous invite à garder notre cœur plus que toute autre chose, car de lui viennent les sources de la vie. Pour moi, cela signifie revenir à Dieu avec sincérité, Lui parler de ce qui m’anime, de ce qui me préoccupe, et Lui demander de remettre de l’ordre là où mes désirs, mes peurs ou le regard des autres ont pris trop de place.
Je ne veux pas que cette démarche devienne une introspection permanente, comme si je devais constamment m’examiner pour trouver ce qui ne va pas en moi. Ce qui a changé dans ma vie, c’est justement que je ne suis plus seule face à mes questions. Je peux les apporter à Dieu. Je peux Lui ouvrir mon cœur, même lorsqu’il est confus, puis Le laisser m’éclairer et me conduire. Et cela change beaucoup de choses. Je n’ai pas besoin de tout résoudre par moi-même.
Cette transformation finit par se voir dans la vie quotidienne. Dans ma manière de parler, de traiter les autres, de réagir lorsque je suis blessée, de reconnaître mes torts ou de prendre mes responsabilités. Elle se voit aussi dans ces petites décisions que personne ne remarquera peut-être jamais.
Galates 5:22-23 parle du fruit de l’Esprit : l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bienveillance, la fidélité, la douceur et la maîtrise de soi. J’aime revenir à ces qualités pour regarder ce qui grandit en moi. Non pas pour devenir une femme parfaite, ni pour me donner une nouvelle liste de choses à accomplir, mais parce que j’aimerais que ma vie reflète un peu plus le caractère de Celui que j’aime.
Est-ce que j’apprends à être patiente ? À aimer sans chercher à tout contrôler ? À me réjouir du bien qui arrive aux autres sans me comparer à eux ? À répondre avec douceur lorsque je suis contrariée ? Ces questions m’aident à voir où j’en suis, sans oublier que la transformation prend du temps. Je ne produis pas le fruit de l’Esprit à force de volonté. Je suis appelée à marcher avec Dieu, à demeurer en Lui et à Le laisser agir en moi, tout en prenant ma part dans les choix que je fais.
J’entre aujourd’hui dans une nouvelle saison, dans un nouveau lieu de vie, c’est un peu comme une page blanche. Je ne sais pas encore ce qu’elle fera naître, quelles rencontres m’attendent ni comment mes relations évolueront. Je n’ai pas toutes les réponses, et je ne veux pas chercher à les obtenir de force. Je peux simplement rester ouverte à ce qui viendra, avancer avec discernement et confier cette nouvelle étape à Dieu.
Je crois que la foi ne consiste pas à prétendre que tout va bien. Elle consiste aussi à savoir où déposer ce qui ne va pas. Il m’arrive de me demander quel est mon appel, pourquoi je suis ici, ce que Dieu veut faire de ma vie ou comment savoir si je suis à la bonne place. Ces questions ont leur place, mais elles peuvent devenir lourdes lorsque je veux obtenir aujourd’hui toutes les réponses sur demain. Dans ces moments-là, je reviens notamment à Éphésiens 2:10, qui nous rappelle que nous sommes l’ouvrage de Dieu, créés en Jésus-Christ pour de bonnes œuvres qu’Il a préparées d’avance afin que nous les pratiquions. Ce verset m’aide à relâcher la pression. Je n’ai pas besoin de courir après une mission extraordinaire pour que ma vie ait du sens. Et toi qui me lis, tu n’as pas non plus à attendre de découvrir une grande destinée pour vivre pleinement ta foi. Il y a déjà tant de choses qui peuvent nous être confiées aujourd’hui : une parole d’encouragement, un service discret, une décision prise avec intégrité, un geste d’amour. Des choses simples, parfois presque invisibles, mais qui comptent.
Je peux faire ce qui se présente à moi avec le cœur le plus juste possible, sans avoir besoin de savoir où chaque pas me conduira. Lorsque je comprends ce que j’ai à faire, j’essaie d’y répondre. Lorsque je dois attendre, j’apprends à ne pas remplir le silence à tout prix. Lorsque je me trompe, je veux pouvoir le reconnaître. Et lorsque je ne comprends pas encore, je peux rester auprès de Dieu sans faire de cette attente une inquiétude de plus.
Je pense à Ésaïe, qui répond « Me voici, envoie-moi » après avoir pris conscience de la sainteté de Dieu et reçu sa purification (Ésaïe 6:8). Sa disponibilité naît de cette rencontre avec Dieu. C’est aussi ce que je désire : ne pas prétendre être parfaitement prête, mais rester disponible, avec ce que je suis aujourd’hui.
Je ne sais pas à l’avance ce que Dieu fera de ma vie. Je peux seulement apprendre à Lui appartenir et à Lui répondre au fil du chemin.
Et au milieu de toutes ces réflexions sur l’identité, l’appel et la fidélité, je reviens à Jésus. À la croix, Il a donné Sa vie. Je n’ai rien fait pour mériter ce don. Je ne peux pas l’acheter par mes efforts, mes prières, ma discipline ou ma capacité à bien agir. La grâce n’est pas quelque chose que je gagne en faisant suffisamment bien les choses. C’est un don que je reçois.
Cette vérité remet beaucoup de choses à leur place. Je n’ai pas besoin de devenir quelqu’un d’assez important pour que Dieu puisse m’utiliser. Je n’ai pas à me fabriquer une identité, à forcer une direction ou à donner à ma vie une dimension extraordinaire. Je peux grandir, apprendre, servir et répondre à Son appel sans faire de tout cela une manière de prouver ma valeur.
Je ne sais pas encore précisément où me conduira cette saison. Certaines réponses viendront avec le temps (de Dieu). D’autres questions resteront ouvertes un moment. Mais aujourd’hui, je peux ouvrir ma Bible, prier, aimer les personnes que Dieu place sur mon chemin et avancer avec ce que je comprends.
Je veux continuer à apprendre à Le connaître, pas seulement pour découvrir ce qu’Il attend de moi, mais parce que je veux vivre cette relation avec Lui. Dans les jours où je me sens pleine de foi comme dans ceux où je me pose davantage de questions. Dans les moments où le chemin semble clair comme dans ceux où je dois simplement attendre.
Au fond, être une femme choisie par Dieu ne signifie pas avoir une destinée à prouver au monde. C’est découvrir que l’on peut vivre à partir de Son amour, sans avoir à le mériter chaque jour. C’est revenir à Lui, encore et encore, et apprendre à Lui faire confiance dans la vie telle qu’elle est.
Je veux simplement continuer à marcher avec Lui. Ouvrir Sa Parole, Lui parler au fil des heures, apprendre à reconnaître Sa présence dans les petites choses et laisser le temps faire son œuvre, sans chercher à devancer ce qu’Il me montrera.
Avant même de savoir ce que je ferai pour Lui, je peux demeurer auprès de Lui. Merci !
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