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Cet été, et à présent à la bordure de l’automne, au travers de circonstances très particulières que je traverse, je vais tenter de vous partager un peu de ce que Dieu fait naître dans mon cœur. Au cœur des rebondissements, de cette impression de traverser encore et encore un désert, quelque chose m’est pourtant révélé avec une intensité que je n’avais encore jamais connue : une stabilité absolue. Une paix souveraine, sans faille et sans mesure.

Alors que tout s’agite autour de moi, l’ancre intérieure, elle, ne bouge pas.

Et je crois que cette ancre, je ne l’ai pas trouvée en moi.

Depuis que ma vie est devenue vie en Christ, je découvre une chose qui ne cesse de m’émerveiller : je ne suis jamais seule. Pas un seul instant.

Même lorsque je ne comprends rien. Même lorsque je pleure. Même lorsque je crie à Dieu : « Que veux-tu de moi ? Accomplis ce que tu as à faire en et de moi ; et éclaire le chemin. » Même lorsque je traverse ces nuits où je n’ai aucune réponse et où je ne sais absolument plus ce que demain sera fait.

Il est là.

Et plus encore, je vois bien que c’est Lui qui met des ressources sur mon chemin. Il m’enseigne. Il me montre. Il me reprend. Il me console. Il m’attend là où je suis. Et, j’ai une certitude : dans ce désert, je Le rencontre tous les jours. C’est précisément un lieu où Il m’apprend à ne plus vivre sans Lui.

Face à ce qui me dépasse, le premier réflexe de mon humanité est pourtant de vouloir comprendre, de chercher à démêler le fil de chaque événement. Mon âme se débat, cherche du sens là où tout semble m’échapper, et cela me fait souffrir. Je voudrais savoir. Je voudrais comprendre pourquoi, comment, jusqu’où, et surtout quand. Je sais juste que cela ne se passera pas ainsi : que je dois mourir à moi-même pour qu’Il puisse me faire vivre mon appel sur des bases intérieures solides.

Il y a déjà plusieurs leçons qu’Il m’a enseignées dans cette saison. L’une d’entre elles est ce retour vital au centre : un recentrage ultime sur mon identité en Lui. Là, quelque chose se passe. L’agitation extérieure peut être bien réelle, mais profondément, mon esprit renouvelé vient apaiser mon âme. Je me retrouve alors submergée par Sa paix, au point que l’ouragan ne peut plus m’atteindre en profondeur. Le besoin de tout analyser s’évanouit pour laisser place à une certitude limpide : peu importe le comment ou le pourquoi, Il est là.

Et accepter d’écouter, d’entendre et d’obéir. Et attendre. Oui, j’attends, comme jamais. J’attends encore. J’attends beaucoup. J’ai déjà 58 ans. Il y a eu une vie avant Lui, une famille, une histoire, des croyances sur moi-même, des blessures, des colères, des incompréhensions, des choses pardonnées et d’autres encore en chemin. Il y a tout ce que j’ai cru être, tout ce que j’ai pensé savoir. Et voilà que depuis Lui, tout change, pour me permettre de vivre dans les desseins préparés pour moi !

Et me voilà conduite par Dieu lui-même dans Son école. Une école où je découvre que je ne sais pas. Lui sait. J’ai choisi de Le suivre et il n’y a pas, mais pas du tout, un seul instant où je remets en cause ce choix. Et pourtant ce n’est pas facile de vivre l’école de Dieu : Il me fait mourir. Il me brise, sujet après sujet. Il m’apprend la paix de la voie de l’obéissance et j’aime cela. Il m’enseigne la patience là où j’étais impétueuse. Il m’a montré des choses de mon caractère que je ne voulais pas forcément voir et surtout dont je n’avais pas conscience. Il m’a conduite à regarder mon histoire autrement. Il m’a fait remonter des choses liées à mes générations, du côté de mon père comme du côté de ma mère. Des autels anciens de famille. Des fonctionnements. Des héritages. Des choses qui avaient traversé les générations sans que j’en mesure réellement le poids.

Et chaque jour vient confirmer que le travail de Dieu n’est pas simplement de me consoler dans mes épreuves. Il veut me transformer. Alors oui, parfois, j’ai vraiment l’impression que tout sort de mes poubelles. Tout remonte. Tout est exposé à Sa lumière. Et pourtant, ce qui m’émerveille, c’est qu’Il ne sort jamais quelque chose de moi pour me laisser vide.

Ce qu’Il enlève n’est pas destiné à laisser un vide. Ce qui est vidé en moi est destiné à être rempli par Lui. Ce qui est mis à nu est appelé à être revêtu de Lui. Ce qui meurt laisse place à une vie nouvelle.

Il remplace. Il enlève et Il remplit. Il dépouille et Il revêt. Il arrache et Il plante. Il me fait mourir à moi-même pour faire naître autre chose.

Même mes qualités passent par le feu. Même ce que je pensais être une force est purifiée. Ma bouche doit être purifiée. Mes réactions doivent être purifiées. Mes intentions doivent être purifiées. Mes raisonnements doivent être purifiés.

Heureusement, et comme me l’avait partagé une sœur en Christ qui vivait un désert depuis des décennies, dans ce processus il y a des temps de répit. Des temps de respirations pour intégrer les changements. Car je vous assure c’est intense !

Même le miroir des autres devient parfois un instrument entre Ses mains. Ce que je vois chez eux me révèle parfois quelque chose de moi. Ce que les autres me renvoient comme image de moi vient éclairer des qualités que je ne me connaissais pas dans cette profondeur. Cela m’indique que déjà Il m’a façonné.

Et surtout, j’ai Sa présence. Et cette présence devient plus précieuse que toutes les réponses à mes questions que je ne reçois pas forcément. C’est là que quelque chose s’est déplacé en moi. Avant, j’aurais peut-être voulu connaître le plan. Aujourd’hui, je veux connaître Celui qui tient le plan.

Je ne sais pas vraiment ce qu’Il va faire de moi. Et pourtant — et c’est peut-être cela qui est le plus étrange — au fond de moi, je sais qu’Il va me relever.

Parce que la croix ne s’arrête pas à la mort. La croix m’emmène vers la résurrection. Et je crois que c’est cela que Dieu est en train de m’enseigner : Sa pâte de résurrection. Il y a des choses qui doivent mourir. Des croyances sur moi-même doivent mourir. Une certaine manière de fonctionner doit mourir. La colère doit mourir. La peur doit mourir. Le besoin de contrôler doit mourir. L’ancienne manière de me définir doit mourir. Et même certaines choses que je pensais bonnes doivent passer par le feu pour devenir véritablement utiles entre Ses mains.

Ce processus n’est pas confortable. Mais il est profondément vivant. C’est un processus de mort à moi-même. Et paradoxalement, plus je meurs à ce que je croyais être, plus je découvre qui je suis en Lui. Être entre Ses mains. Entrer dans le seul repos vrai.

Nous n’avons pas à forcer le passage quand la victoire est déjà acquise. Le Psaume 35 résonne dans mes jours comme une symphonie de délivrance : « Tous mes os diront : Éternel ! qui est semblable à toi, qui délivres le malheureux de plus fort que lui ? » (verset 10)

Ce n’est pas pour moi une théorie. C’est le cri d’une âme qui apprend à reconnaître la fidélité vivante de Dieu. Être entre Ses mains, c’est être établie au cœur même du Roc. Les événements peuvent défaire et refaire les paysages extérieurs, mais rien ne peut ébranler ce qui est scellé sous Ses ailes.

Et je crois que ce désert m’a rapprochée de Lui comme rien d’autre n’aurait pu le faire. Je ne sais pas exactement comment j’en suis arrivée là. Je ne sais pas tout, loin de là. Je ne comprends pas tout ce qui se joue dans les circonstances que je traverse, ni même tout ce que Dieu est en train de faire. Et je ne crois pas que toutes ces circonstances viennent de Lui. Mais je sais une chose : Il est là. Et ce que je ne comprends pas, Il peut le transformer. Ce qui n’était pas destiné à mon bien, Il sait même le faire concourir à mon bien. Je ne sais pas expliquer le chemin, mais je peux commencer à voir ce qu’Il fait naître en moi au milieu de ce chemin.

Je voulais vous parler de ça : de ce qu’est le désert, sur lequel j’écris incessamment depuis ma conversion.

Plus je perds ce sur quoi je pensais pouvoir m’appuyer, plus je découvre Celui sur qui je peux réellement m’appuyer. C’est cela, finalement, aujourd’hui, ma stabilité absolue. Ce n’est pas que les circonstances soient devenues stables. C’est que mon ancre est descendue plus profondément. Ce que mes yeux ne saisissent pas n’est rien face à la grandeur de Son amour et à la joie surabondante d’être en Lui. Cette joie ne dépend d’aucun confort terrestre ni d’aucun projet humain. Elle est devenue une certitude quotidienne, adossée à Sa présence inaltérable.

Je peux ne pas comprendre et être en paix. Je peux pleurer et être en paix. Je peux être brisée et savoir que je suis gardée. Je peux traverser le feu sans être abandonnée au feu. Parce qu’Il est avec moi.

Alors oui, je sais de quoi demain sera fait — non pas dans le détail, mais dans la certitude profonde de Celui à qui j’ai remis ma vie. Je sais que la victoire n’est pas une promesse incertaine : elle a déjà été remportée à la croix, une fois pour toutes.

Je ne sais pas tout ce qu’Il va faire de moi. Mais je sais qu’Il n’a pas terminé. Je sais qu’Il prépare. Je sais qu’Il façonne. Je sais qu’Il purifie. Je sais qu’Il ressuscite.

Et quelque part, au plus profond de moi, malgré cette saison si humainement inexplicable, malgré les nuits, malgré les larmes, malgré toutes ces choses qu’Il est venu mettre en lumière, une joie demeure. Une joie presque incompréhensible. Comme un feu d’artifice qui jaillit au milieu même du désert. Parce que je suis enfant de Dieu. Aimée. Gardée. Conduite. Je laisse Dieu terminer ce qu’Il construit. Qu’Il achève son œuvre en moi est mon vœu.

Alors, à vous qui traversez peut-être en ce moment des choses inexplicables, ne laissez aucune circonstance dicter la mesure de votre paix. Peut-être que vous attendez depuis longtemps. Peut-être que Dieu vous conduit dans un désert que vous n’auriez jamais choisi. Peut-être même avez-vous l’impression que tout remonte, que tout est mis à nu, que certaines choses doivent mourir en vous. Ne croyez pas que tout cela signifie qu’Il vous a abandonné. Peut-être est-ce précisément là qu’Il vous apprend à ne plus vous appuyer sur autre chose que Lui. Tournez votre regard vers Sa grandeur. Sa fidélité est votre abri.

L’ancre est en Lui. Et elle ne bougera pas.

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